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L'Est (les péninsules de Burin et de Bonavista)

L’Est de Terre-Neuve, ce sont les péninsules de Bonavista au Nord et de Burin au Sud, deux régions associées à la pêche depuis près de cinq siècles. La région est aussi synonyme de théâtre, de baleines, d’anses cachées, de contrebandiers et d’escapade vers un petit coin de France… Saint-Pierre et Miquelon.

LA PÉNINSULE DE BURIN

La route de la péninsule de Burin mène jusqu’au village de Fortune d’où part le traversier qui vous conduit aux îles françaises de Saint-Pierre et Miquelon. On traverse une nature très sauvage. La végétation y est naine, les plaines de tourbe et les marécages succèdent aux petits étangs et à d’énormes blocs rocheux déposés là par la progression des glaciers. Les noms des villages font foi du passage des Français : Jacques Fontaine, Bay L’Argent, Grand le Pierre, Famine.

Fortune - Photo Annie Charland

Grand Bank

Communauté établie par les Français dans les années 1650, la ville est passée aux mains des Anglais au début du 18e siècle. C’est ici que sont nés les célèbres capitaines des bancs qui ont fait la renommée de la province; c’est ici aussi qu’a prospéré un commerce de contrebande d’alcool avec Saint-Pierre et Miquelon. Certaines maisons de capitaines des bancs ou riches marchands ont été rénovées et valent le détour. La Promenade du patrimoine (Heritage Walk) offre à la découverte ces élégantes maisons.

Les Grands Bancs... Le nom évoque la pêche pratiquée sur les Grands Bancs qui couvrent une vaste zone au sud et à l’ouest de Terre-Neuve. Les marins de Grand Bank et des autres localités de la péninsule étaient réputés pour leurs grands talents de navigateurs et nombre d’entre eux ont pêché sur les Grands Bancs à bord de doris mis à l’eau par de grandes goélettes.

Burin

Établi depuis le début des années 1700, Burin est abrité de la pleine mer par des îles toutes proches. Jadis, les pirates et les corsaires, qui attiraient les navires parmi les écueils ou passages sans issue, y trouvaient refuge. Le musée Heritage House a des expositions sur la pêche et la vie quotidienne de l’époque. Le capitaine Cook y a établi la carte de la côte de Terre-Neuve dans les années 1760. Au sommet d’une colline qui porte son nom, il avait aménagé un poste d’observation (Cook’s Outlook) pour surveiller les contrebandiers et les braconniers, plus particulièrement les Français.

Burin a été dévasté par un raz de marée en 1929 qui a aussi affecté Saint-Pierre et Miquelon et qui a été ressenti jusqu’à St. John’s.

LA PÉNINSULE DE BONAVISTA

À Bonavista, on pense à John Cabot, explorateur né à Gênes, connu sous le nom de Giovanni Caboto. En 1497, cinq ans après l’arrivée de Christophe Colomb dans les Antilles, les bourgeois de Bristol, en Angleterre, envoyèrent Cabot, à la découverte de l’Atlantique Nord-Ouest. Il y trouva d’énormes quantités de poissons. C’est ainsi que se développa l’industrie de la pêche de la morue, avec séchage local du poisson et transport vers les marchés européens, et que d’innombrables fortunes se firent et se défirent.

Phare de Bonavista - Photo Julien Lafille

C’est du village de Milton que William Epps Cormack et Joseph Sylvester (son guide mi’kmaq) sont partis pour effectuer leur célèbre traversée de Terre-Neuve par l’intérieur, dans l’espoir de rencontrer des Béothuks. Ils n’en rencontrèrent aucun, mais Cormack devint le premier Européen à traverser l’île à pied et à faire par écrit le récit de son voyage.

Bonavista

Si vous n’arrivez pas à trouver votre chemin dans Bonavista, pas de panique! Perdez-vous, c’est le meilleur moyen de visiter la ville! Parmi les attraits de Bonavista, il y a la reproduction du navire de John Cabot, le Matthew, et le lieu historique national de l’Établissement Ryan qui raconte l’histoire de cinq siècles de pêche sur la côte Est.

John Cabot - Photo André Charland

Trinity

Quatre ans après le voyage de Cabot, Gaspar Corte Real explora les côtes de Terre-Neuve. Il aurait baptisé cette région Trinity parce qu’il l’aurait visitée le dimanche de la Trinité de l’an 1501. Beaucoup plus tard, Trinity allait devenir un important centre de pêche et de commerce. Ce qui frappe dès l’abord, c’est la taille de ses bâtiments dont l’architecture du 19e siècle semble appartenir à une époque plus reculée. Trinity était une ville prospère, mais aussi tournée vers le progrès. En 1798, John Clinch, médecin et ministre du culte, y a administré le premier vaccin contre la variole en Amérique du Nord. Port Union Ville symbole du progrès social. Construite au début du 20e siècle par William Coaker et les membres de la Fishermen’s Union Trading Company et du Fishermen’s Protective Union, deux syndicats de pêcheurs qu’il a fondés. Port Union se distingue par ses maisons en rangée destinées aux travailleurs de l’usine de poisson, une forme d’architecture très inhabituelle en région rurale à Terre-Neuve.

Trinity - Photo Muriel Renaud

Trinity - Photo Willy Humez

 

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